Renan Luce, véritable figure de la nouvelle scène française, était en concert ce mercredi soir à La Cité. Avec ses chansons La Lettre et Les Voisines, notamment, il a fait souffler un vent de renouveau sur les ondes. Entretien avec ce musicien, loin de se repentir de ses qualités d’auteur.
« Je me verrais bien jouer un petit rôle de malfrat dans un film de mafieux ou un rôle de pendu dans un western ». Avec une telle phrase, Renan Luce plante le décor : il est proche du personnage qu’il dépeint dans « Repenti », chanson à la gloire d’une balance revenue de la mafia napolitaine.
« Repenti », c’est d’ailleurs le nom de l’album qu’il a sorti l’année dernière. Si vous allumez de temps en temps votre radio, vous n’avez pas pu passer à côté. Des titres tels « La Lettre » et « Les Voisines » sont passés en boucle sur les ondes et le public a immédiatement adhéré. La preuve, Renan Luce est aujourd’hui détenteur d’un joli disque de platine et est nommé trois fois pour les prochaines Victoires de la musique. « Les prix, ce n’est pas après quoi je cours le plus. C’est un petit bonbon doux sur le moment, mais ça ne fait pas l’essentiel ».
“Un midi, je suis allé dans ce bistro…”
L’essentiel est donc ailleurs… Dans l’écriture notamment, inspirée de celles des plus grands chanteurs francophones. « J’ai des références plutôt classiques dans la chanson. Brassens et plein d’autres… J’ai grandi avec la musique de mes parents dans les oreilles… »
Lui, démarre sa carrière d’auteur en même temps qu’il use encore ses culottes sur les bancs d’un lycée privé, à Morlaix. Après, il s’envole vers Rennes, pour passer deux ans en classe préparatoire au lycée Saint-Vincent. Il en profite pour peaufiner ses textes et commencer à se donner en spectacle.
« Un midi, je suis allé dans ce bistro. Il y avait une petite scène et j’ai demandé si je pouvais jouer. On m’a dit de laisser une cassette et voilà… » Le « bistro » en question, c’est Le Sablier qui a aussi lancé des artistes comme Jeanne Cherhal ou Anaïs.
Quand Beau-papa s’appelle Renaud…
Aujourd’hui, il n’en est plus à se produire dans les bars puisque c’est à La Cité qu’il joue ce mercredi et qu’il sera au MuzikHall en mai prochain. Bref, un véritable succès professionnel auquel vient s’ajouter une réussite amoureuse, depuis sa rencontre avec Lolita Séchan… la fille du chanteur Renaud. Pas trop difficile avec son futur gendre, le beau-papa ? « Je ne me pose pas cette question. Si je prends du recul, je trouve juste ça rigolo, mais ça s’arrête là », raconte Renan Luce, un brin gêné.
Vous avez donc peu de chance de voir l’ancien rebelle au foulard rouge partager la scène avec lui. « Je ne ferai de duo que le jour où j’aurai une chanson qui le justifie vraiment », témoigne d’ailleurs Renan Luce.
Peu importe, c’est bel et bien lui qu’étaient venus voir les quelques fans présents devant la salle de concert cet après-midi. « En général, le public breton est assez chaleureux. C’est peut-être parce que je suis perçu comme l’enfant du pays », sourit-il.
Et pour le jour de ses 28 ans, quelques groupies se sont pliées en quatre, puisqu’elles étaient présentes dès 16h30 devant La Cité, avec des pancartes flanquées d’un « Happy Birthday ! » La rançon du succès qui se fait sentir…
