Elle est la sensation rap du moment, révélée par un titre emblématique,«la Rage».
Une petite pasionaria venue de Marseille, vagabonde et alter- mondialiste.
La scène est surréaliste. Genève, ville des banquiers. Le public qui vient au concert Manu Chao, l’icône rock de l’altermondialisme, est plutôt familial. Sur la scène, en première partie, un petit bout de femme, pantacourt, sweat à l’effigie du sous-commandant Marcos, un slogan sur le foulard qui orne son front «La rabia del pueblo» («la rage du peuple», en espagnol), lance à la foule : «Ça va la famille ? Je veux voir les poings en l’air si vous le voulez bien.» Au départ, ils ne veulent pas trop, les Suisses, et puis finalement, ils l’attrapent, la Rage que leur chante Keny Arkana, 24 ans. En France, beaucoup ont été contaminés comme ça, sans que la télé ou la radio ne matraquent le refrain «La Rage, on restera debout quoiqu’il arrive/La Rage, on ira jusqu’au bout, là où veut bien nous mener la vie». Un peu neuneu sur le papier, la rengaine a convaincu à force de concerts, de forums. Au point que Keny joue à guichets fermés à l’Olympia avec juste un album au répertoire.
http://www.myspace.com/kenyarkana
